(Agence Ecofin) - Premiers Jeux olympiques organisés en Afrique, les JOJ de Dakar 2026 veulent laisser une empreinte bien au-delà des stades. Formation de la jeunesse, volontariat, accès solidaire aux compétitions : le Sénégal entend faire des deux semaines de compétition un accélérateur de compétences et un vecteur de fierté collective.

Il y aura un avant et un après-Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) pour le Sénégal. C’est l’ambition des organisateurs de l'événement, premier du genre à se dérouler sur le continent africain, alors qu'ils sont engagés dans la dernière ligne droite des préparatifs. A trois mois de la cérémonie d’ouverture, le Comité d’organisation a révélé cette semaine un chiffre passé relativement inaperçu, mais qui symbolise l’héritage attendu : plus d’un million de personnes ont déjà bénéficié d’une sensibilisation ou d’une formation aux valeurs olympiques. Ce total appelle à une précision. Sur les 1 021 655 personnes comptabilisées par le Brevet olympique, civique et sportif (BOCS), 103 335 enfants et élèves ont été touchés directement, ainsi que 80 097 apprenants de centres de formation professionnelle et technique. Le bilan comprend aussi 832 461 bénéficiaires indirects, dans les familles et les communautés. Le programme a mobilisé 2 568 encadreurs, 343 enseignants et 2 851 formateurs dans les quatorze régions. L’objectif initial de 900 000 personnes a ainsi été dépassé avant même le début des Jeux.

« Les progrès que nous accomplissons et les étapes que nous franchissons sont le fruit de nos efforts conjoints : ceux du comité d’organisation des JOJ, du CIO, des fédérations internationales, des comités nationaux olympiques, de nos différents partenaires, des autorités nationales, des acteurs du sport national et de la jeunesse sénégalaise », rappelle Mamadou Diagna Ndiaye, président du Comité d'organisation (COJOJ). Lancé en 2022, le BOCS est peut-être le premier équipement durable de Dakar 2026. Il n’est ni un stade, ni une piscine, mais un réseau humain. Dans les écoles, les centres professionnels, les clubs sportifs ou les structures de protection judiciaire et sociale, les jeunes découvrent l’olympisme par le jeu, la pratique sportive, les simulations et les rencontres avec des athlètes. Excellence, amitié et respect y sont présentés moins comme des slogans que comme des compétences utiles appelant à coopérer, accepter la règle ou surmonter un échec.

Une génération aux commandes

Cette logique se prolonge dans la préparation de l’événement. La Dakar 2026 Learning Academy a intégré plus de 250 jeunes professionnels, avec des participants venus de 27 comités nationaux olympiques africains et 6 sportifs de haut niveau. Près de 23 000 personnes ont candidaté au programme de volontariat Jambaar26, pour environ 6 000 postes. Pour beaucoup, cette première expérience dans l’organisation d’un rendez-vous mondial pourra compter davantage à long terme, que les résultats inscrits au tableau des médailles. Comme Paris 2024, qui avait cherché à faire sortir les Jeux des enceintes sportives et à transformer les habitants en participants, Dakar mise sur une olympiade vécue dans les rues, les écoles et les communautés. Environ 300 000 jeunes doivent prendre part aux animations, aux initiations sportives et aux zones festives. Sur les quelque 900 000 billets prévus, près de 300 000 doivent être distribués par des mécanismes de solidarité. La flamme parcourra 30 étapes dans toutes les régions sénégalaises, pour rappeler que l’événement ne reste pas enfermé dans la capitale, même si les compétitions se concentreront à Dakar, Diamniadio et Saly.

Le symbole des réfugiés

L’autre histoire forte viendra d’une équipe qui n’avait encore jamais participé aux JOJ. 6 jeunes réfugiés, 3 filles et 3 garçons, concourront en athlétisme, en judo et en taekwondo. Tous vivent en Afrique et sont accueillis au Kenya ou en Ouganda. Leur présence donnera un visage à une réalité qui touche d’abord les plus jeunes : selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 39 % des personnes déplacées dans le monde ont moins de 18 ans. Leur chef de mission, Yiech Pur Biel, sait ce que représente une telle sélection. Originaire du Soudan du Sud, il a grandi dans le camp de Kakuma, au Kenya, avant de participer, à Rio en 2016, à la première équipe olympique des réfugiés. Dix ans plus tard, devenu membre du Comité international olympique et ambassadeur du HCR, il accompagnera une génération qui peut, à son tour, voir le sport lui ouvrir des portes. Du 31 octobre au 13 novembre, environ 2 700 athlètes âgés de 17 ans au plus viendront chercher une performance, parfois une médaille. Mais l’ambition sénégalaise se joue déjà ailleurs : dans les compétences acquises, les vocations suscitées et le sentiment, pour toute une jeunesse africaine, qu’un événement olympique de cette ampleur peut aussi être organisé chez elle.